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Des enquêteurs français interrogent Carlos Ghosn au Liban

Beyrouth, 26 décembre

Une équipe d’enquêteurs français se rendra à Beyrouth le mois prochain pour participer à l’interrogatoire de l’ancien patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn, a déclaré samedi un huissier de justice libanais.

L’officier n’a pas fourni la date exacte ou les détails des informations que les enquêteurs obtiendraient de Ghosn.

L’ancien directeur de l’automobile Ghosn, ressortissant libanais, brésilien et français, a fui le Japon lors d’une évasion dramatique qui a fait la une des journaux l’année dernière et est arrivé au Liban le 30 décembre 2019.

En plus de son procès au Japon, l’homme d’affaires de 66 ans est confronté à un certain nombre de contestations judiciaires en France, notamment l’évasion fiscale et des allégations de blanchiment d’argent, de fraude et de détournement d’actifs d’entreprise à la tête de l’alliance Renault-Nissan.

S’exprimant sous couvert d’anonymat conformément à la réglementation, le responsable libanais a déclaré que les enquêteurs français travailleraient avec leurs homologues libanais.

Les informations sur les enquêtes sont secrètes en droit français et les huissiers de justice français n’ont pas répondu aux demandes de commentaires sur le rapport samedi.

Après avoir dirigé le constructeur automobile japonais Nissan pendant deux décennies, Ghosn a été arrêté au Japon en novembre 2018 pour abus de confiance, utilisation abusive des actifs de l’entreprise à des fins personnelles et violation des lois sur les valeurs mobilières en omettant de divulguer pleinement sa rémunération.

Il a nié les actes répréhensibles et a fui le Japon en attendant le procès sous caution. Il est peu probable qu’il soit extradé du Liban, où il se trouve depuis l’année dernière.

Au moins deux enquêtes sur Ghosn ont été ouvertes en France. L’un portait sur les transactions suspectes entre Renault et un concessionnaire à Oman, ainsi que sur les paiements suspects pour des voyages privés et des événements payés par la société holding néerlandaise de Renault-Nissan RNBV.

Une autre enquête a porté sur le prétendu détournement de fonds de l’entreprise par un parti pour Ghosn à Versailles.

L’enquête française vise à déterminer qui est responsable d’un certain nombre de violations financières présumées entre 2009 et 2020.

Il s’agit notamment des «flux financiers suspects» entre Renault et la concession SBA à Oman. Cet aspect de l’enquête cible des millions d’euros de frais de voyage et autres qui sont susceptibles d’être affectés à l’usage personnel de Ghosn par Renault-Nissan, basé aux Pays-Bas, propriétaire de RNBV.

Les avocats français de Ghosn ont déclaré que les paiements à la SBA étaient des “récompenses justifiées” pour l’augmentation des ventes de voitures dans le golfe Persique et ont nié les allégations selon lesquelles les fonds bénéficieraient personnellement à Ghosn ou à sa famille.

Renault a déclaré l’année dernière qu’un audit interne avec Nissan avait révélé des dépenses douteuses de 11 millions de dollars chez RNBV prétendument liées à Ghosn, y compris les voyages en avion, les dépenses personnelles et les dons à des organisations caritatives. — AP

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